Mercredi 24 septembre 2008
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Vendredi 29 février 2008
Yann
Venner
S'ils contiennent une part de noirceur, les romans de Yann
Venner ne sont pas totalement sombre. Car ce qui l'anime, c'est avant tout l'amour des mots, du langage, et un humour entre sourire et caricature réussie. Mais il égratigne aussi ceux qui
expriment leur haine de la différence, de la tolérance, de la démocratie, de l’Autre. Le militantisme citoyen de Yann Venner est modéré, pas neutre. Ses héros et lui refusent tout sectarisme, sans résignation. Ses livres publiés aux éditions L'Ecir sont
diffusés par De Borée.
« Black
Trélouzic » (Horizona & Co,
2005)
Cette “trilogie bretonne” rassemble trois romans courts, ayant pour décor le paisible village côtier de Trélouzic.
Les héros en sont Fanch Bugalez, marin-pêcheur anar épris de justice, et son vieil ami Eugène, philosophe à sa manière. En 1990, 1996 et 2000, ils sont confrontés à des affaires
criminelles.
Marcel. Patronne d’un bistrot local, Georgette est la première victime d’une série de meurtres. Les enquêteurs soupçonnent Fanch, qui
était son amant. Lors du deuxième crime, l’assassin laisse un indice accablant : un seau de pommes de terres. Le marginal Ernest fait un coupable idéal...
Une étoile est morte. Le cadavre d’Halima, une jeune Algérienne, est découvert par Fanch dans le port de Trélouzic. Ami de la victime, Aziz contacte
Fanch avant de disparaître. Peu après, des attentats sont revendiqués par l’Armée Révolutionnaire Celte, dirigée par un vieux marquis facho. Quant à la vie d’Halima, coupée de ses racines, elle
mérite d’être racontée...
Le baiser de la mer. Le jour de la rentrée, le directeur de l’école disparaît soudainement. On pense à une noyade accidentelle lors d’une sortie en
mer. C’est la version gendarmesque adoptée par le sous-préfet véreux. Il faudrait plutôt s’intéresser à un ancien élève de l’enseignant...
« Aller simple pour
Trélouzic » (L’Ecir, 2006)
Gwendoline Le Morvan est une jeune chanteuse canadienne aux
origines indiennes et bretonnes. Préparant une tournée en France, «la mésange de Saskatoon» séjourne dans le Trégor, d’où viennent ses aïeux. L’image de cette région a beaucoup inspiré son
grand-père Ange, avec qui elle partage les mêmes goûts poétiques. Gwendoline s’installe à l’Hôtel
du Goéland, où son lointain cousin Albert est cuisinier, et amant de la patronne. Ce vicelard
n’inspire pas confiance à la jeune femme. Elle n’est pas plus à l’aise avec la sœur d’Albert, Edith. Après quelques avatars, Gwendoline rencontre bientôt Fanch Bugalez, ancien pêcheur qui
organise des promenades en mer sur son bateau. Son meilleur ami reste Eugène, aussi philosophe que Fanch est anar...
« La disparue de
Guingamp » (L’Ecir, 2007)
Tout irait bien dans dans la région de Trélouzic, si un malfaisant n’avait saboté la voiture de Fanch, et saccagé le
jardin d'Eugène. Leur ami le commissaire Cesare Le Tellier est prêt à enquêter, quand il est chargé d’une affaire plus grave. Apprentie coiffeuse, Rébecca Stereden est la fille de l’adjudant de
gendarmerie du secteur. Nourrie de romans sentimentaux, la jeune blonde sans cervelle se croit aimée d’un footballeur africain de Guingamp. Elle a fugué pour rejoindre son beau Victor. Mais tous
deux sont agressé, et Rébecca est kidnappée. L’adjudant Félix Stereden reçoit le scalp de sa fille, avec la demande d’une forte rançon. Le policier enquête, recueillant peu d'indices. De son
côté, le criminel a des passions obsédantes très particulières... Une fort agréable « comédie noire ».
© Claude Le Nocher
par Claude LE NOCHER publié dans : LIVRES
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